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PCN-Infos du 29 juillet 2002

LE VRAI VISAGE DU "NOUVEL ORDRE MONDIAL" :
LES ETATS-UNIS CONTRE L'INTERDICTION DE LA TORTURE
ET CONTRE LA "COUR PENALE INTERNATIONALE"

Un nouveau protocole des Nations unies contre la torture a été adopté ce 24 juillet 2002 malgré les objections des Etats-Unis qui ont tenté de bloquer l'accord parce qu'il prévoit des inspections sous supervision internationale des prisons et centres de détention. C'est la deuxième fois en moins de quinze jours que les Etats-Unis rencontrent dans l'enceinte des Nations unies une opposition qu'ils ne peuvent réduire. Et la démonstration que la soit-disant « Communauté internationale » se réduit aux intérêts de Washington et de ses valets occidentaux.

Le protocole optionnel à la Convention contre la torture et autres traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants a été adopté à l'issue d'âpres débats par 35 voix pour, 8 contre et 10 abstentions. Les Etats-Unis se sont abstenus. L'amendement qu'ils avaient présenté pour obtenir le renvoi du texte pour de plus amples discussions, ce qui aurait retardé son vote d'au moins un an, avait été peu auparavant repoussé par 29 voix contre 15 et 8 abstentions.

Le 12 juillet dernier, Washington avait dû une première fois, et au terme d'une longue bataille diplomatique en Conseil de sécurité, accepter un compromis au lieu de la garantie complète d'exonération de poursuite devant la « Cour pénale internationale » (à ne pas confondre avec le « Tribunal Pénal international » autoproclamé par l’OTAN en toute illégalité) qu'il demandait pour ses ressortissants. Car c’est cela la conception cynique et hypocrite de la justice prônée par les USA : on prétend juger les résistants au Nouvel Ordre Mondial comme le Président Milosevic devant un TPI contrôlé et financé par l’OTAN, mais on refuse de soumettre les soudards du Pentagone ou de Tsahal à la juridiction internationale légitime.

Le protocole optionnel, dont l'élaboration a pris une dizaine d'années, sera présenté à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre prochain pour un vote dont le résultat positif est acquis d'avance. Les dispositions de ce texte, qui met en place un système international d'inspection surprise des lieux de détention, comme les prisons ou les commissariats de police, est uniquement applicable aux pays qui l'ont signé. Le représentant du Costa Rica, qui présentait le protocole, a souligné qu'il fournirait un système crucial de vérification permettant de s'assurer que les signataires de la Convention contre la Torture respectaient leurs obligations.

Les Etats-Unis, qui pratiquent la torture et l’enseignent dans leurs écoles militaires, sans parler des violences pratiquées sur leurs propres civils dans leurs prisons et commissariats, de leur côté ont fait valoir que certaines dispositions du protocole pouvaient être contraires à la constitution américaine (sic). Ils ont également estimé qu'il ne pourrait être véritablement mis en oeuvre que s'il était adopté à l'unanimité.

L'amendement américain repoussé a cependant reçu les voix de la Chine, de Cuba, de l'Iran et de la Libye, des pays régulièrement attaqués dans les media occidentaux aux ordres, pour ne pas soit-disant « respecter les droits de l'Homme et pratiquer la torture ». Le vote intervenu démontre que la propagande occidentale repose sur la manipulation et le mensonge.

L'adoption du protocole a été saluée par les membres des associations de défense des droits de l'Homme qui avaient accusé les Etats-Unis de chercher à l'enterrer par des manoeuvres de procédure. « Nous sommes ravis. Ce protocole est un véritable outil pour éviter que la torture soit employée », a ainsi déclaré Joanna Weschler, de l'organisation Human Rights Watch. « Il semble, a-t-elle ajouté, que la plupart des Etats se sont rendus compte qu'en invoquant la recherche d'un consensus les Etats-Unis mettaient en fait un veto ».

La Convention contre la Torture, adoptée en 1984 par l'Assemblée générale des Nations Unies, est entrée en vigueur en 1984. Elle a été ratifiée par 130 pays, y compris, en 1994, par les Etats-Unis, mais jamais été adoptée par le Congrès américain.

 

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