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PCN-Infos du 17 juin 2002

D'une élection à l'autre : 
La duplicité de " Super Menteur ", 
les cocus du 5 mai et la sanction des proxénètes de la politique !

Chirac, figure emblématique de la corruption politique en Europe (selon « Newsweek »), se retrouvait bombardé sauveur de la République au soir du premier tour de l’élection présidentielle. « Super Menteur » était devenu subitement le « dernier rempart » contre un « fascisme » fantasmé. Les responsables de cette escroquerie électorale sont les politiciens sociaux-démocrates – les héritiers de Mitterrand, le deus ex machina qui a fabriqué médiatiquement Le Pen – et leurs complices trotskistes.

Oublié le Chirac qui reprochait aux immigrés leurs « odeurs » et leur « bruit » (Orléans, 19 juin 1991) ! Ignorés les contacts suivis de Chirac et du RPR avec le FN depuis Dreux en 1983. Occultées les rencontres de Chirac avec Le Pen, niées par « super Menteur » et dont le chef FN exhibe les photos !

Chirac, lui, n’a pas oublié ses vieux amis d’extrême-droite. Et il leur a donné, au-delà du théâtre d’ombres électoral, où Le Pen joue consciemment le rôle du méchant, des signes visibles de ses sympathies réelles : « Pendant la campagne présidentielle, il n'a pas manqué de s'afficher aux côtés de Jacques Blanc et Jean-Pierre Soisson, élus à la tête des régions Languedoc-Roussillon et Bourgogne avec les voix du FN. Charles Millon, qui lui aussi avait fricoté avec les lepénistes en Rhône-Alpes, n'a jamais été déclaré persona non grata dans les meetings du chef de l'Etat. Mieux, ces trois élus ont reçu le label Union pour la majorité présidentielle aux législatives. Sans en oublier quelques autres, tel Jean-François Mancel, dans l'Oise. L'ancien secrétaire général du RPR aux multiples casseroles, radié du mouvement gaulliste en 1997 pour avoir appelé à des alliances avec le FN en 1997, se retrouve aujourd'hui estampillé UMP » (AFP).

Avec la désignation de Raffarin comme premier ministre, Chirac a envoyé un signe encore plus fort et annoncé clairement son projet politique : A droite toute !

Car Raffarin, défenseur de « l’identité régionale » et de la « Tradition », loin de la fausse figure du politicien centriste que les media aux ordres donnent de lui, est aussi un des vieux complices du FN. Et son choix n’est nullement un hasard. La Lettre d’information « FAITS & DOCUMENTS » en donne un exemple, qui n’a jusqu’ici rencontré aucun écho dans la presse (à commencer par « ROUGE », « Rasl’Front » ou « RésistanceS », tous aux abonnés absents …) dans son édition du 1er juin 2002 :

« Hommes et traditions populaires Poitou-Charentes et Vendée est un luxueux ouvrage paru en 1993 aux éditions MARTELLE d'Amiens. Acheté en quantité par le Conseil régional de Poitou-Charentes, il est toujours régulièrement diffusé aux invités de marque, en particulier, jusqu'alors, aux hôtes de Jean-Pierre Raffarin, puisque ce dernier, alors président de région, en a signé la préface, particulièrement chaleureuse envers les auteurs. On y trouve notamment le passage, fortement emprunt d'"identité" : "L'identité régionale prends ses racines dans la tradition et tire son essence de la culture"
On pourrait s'interroger aujourd'hui sur la sincérité de ses engagements "antifascistes" actuels puisque ses auteurs sont tous issus de la mouvance nationaliste : Xavier Cheneseau, ancien journaliste au bi-mensuel nationaliste Militant et collaborateur des publications du Front National, auteur notamment de Les Fils de la louve (histoire du néofascisme italien) aux Editions de l'homme libre et des Camelots du Roi chez Défi (l'ancienne structure de diffusion du FN), Ogan Bonnin, épouse d'un responsable FN, et angélique Baraton, pseudonyme d'une militante Front National. On trouve également dans l'ouvrage plusieurs pages, publiées avec l'autorisation des auteurs, extraites du livre Les solstices de Pierre Vial, conseiller régional identitaire (après avoir été FN puis MNr) et président de Terre et Peuple, et de Jean Mabire, critique littéraire de National-Hebdo ».

Raffarin, premier ministre de l’ « anti-fasciste Chirac », préfaçant les chantres de la SS française et les inspirateurs d’ « Unité Radicale », le groupuscule « le plus ouvertement fasciste et antisémite » de France selon « LE POINT », qui en compagnie des racialistes de « Terre et Peuple », préparent « la guerre ethnique » (Le Point, 7 juin 2002) !!!

Quelle plus belle illustration pouvait-on trouver du fait indéniable que 82 % d’électeurs qui ont voté Chirac le 5 mai sont cocus !

Cocufiés non seulement par Chirac et le PS mais surtout par les proxénètes politique de la LCR qui ont manipulé la jeunesse pour qu’elle offre la rue à Chirac ! Cocufiés par les anti-fascistes de « Rasl’Front » et leurs amis de « RésistanceS » (sic) de Bruxelles !

Cocus et sans excuse ! Car la collaboration de la droite et de l’extrême-droite, qui a fourni à la première bon nombre de ses dirigeants, entre autres les Devidjan, Longuet et Madelin, n’est pas une nouveauté :

C'est ainsi en septembre 1983 que s'est ouverte la boîte de Pandore: lors d'une municipale partielle à Dreux, le frontiste Jean-Pierre Stirbois recueille 16,7%, s'allie avec la majorité RPR-UDF et devient maire-adjoint. C’est le début de l’ascension du FN.

Dans les années 80-90, la porosité de la droite républicaine aux idées du FN n'en reste pas moins importante. Délégué général du FN jusqu'à la scission de janvier 1999, Bruno Mégret est lui-même issu des rangs du RPR. Le libéral Claude Goasguen, le gaulliste Patrick Devedjian ou encore l’UDF Gérard Longuet ont aussi fait leurs premières armes à l’extrême-droite.

Nouveau symptôme de cette ambiguïté: menacés aux législatives de mai-juin 1997, une dizaine de candidats de droite acceptent entre les deux tours de se rallier à la "préférence nationale" et au rejet du traité de Maastricht prônés par Jean-Marie Le Pen, pour sauver leur siège.

Mais ce sont surtout les régionales du 20 mars 1998 qui marquent l'apogée des passerelles droite-FN, cinq candidats UDF accédant à la présidence de région grâce aux voix des conseillers régionaux frontistes. Laminée aux législatives de 1997, où 76 triangulaires ont favorisé la victoire de 47 députés de gauche, la droite risque en effet de perdre une partie de ses 20 régions. Charles Baur en Picardie, Bernard Harang dans le Centre, Charles Millon en Rhône-Alpes, Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon (comme en 1986) et Jean-Pierre Soisson en Bourgogne (comme en 1992) pactisent alors avec l'extrême droite.

Le 25 avril dernier à Lyon, alors que Jean-Marie Le Pen s'est qualifié pour le deuxième tour de la présidentielle, MM. Millon, Blanc et Soisson étaient pourtant présents aux côtés de Jacques Chirac ...

Les tartuffes du PS ou de la LCR, qui dénoncent aujourd’hui les « alliances contre-nature » de la droite présidentielle, n’ont donc pas l’excuse de la mémoire courte !

Face à la France des cocus se dresse aujourd’hui le Bloc des citoyens qui refusent radicalement le Système.

L’abstention a atteint des records historiques au soir du premier comme du second tour des législatives, renforcée par ceux qui avaient voté aux « extrêmes » lors de la présidentielles, et qui ont compris que le vote FN, LCR et leurs épigones, reste un vote au sein du marécage putride du Système.

Car le principal enseignement du premier tour des législatives, c’est la sanction de l’électorat radical envers les partis dits « extrémistes », qui ont trahi les espoirs placés en eux par leur électorat en colère.

Au soir du second tour de la présidentielle, nous dénoncions les compromissions et les trahisons de la LCR et nous affirmions qu’elle allait entraîner l’échec de toute l’extrême-gauche. Analyse confirmée immédiatement, la LCR, entraînait avec elle LO malgré l’attitude plus correcte de Laguiller refusant de soutenir Chirac, a fait payer cash aux gauchistes sa défense du Régime. LCR et LO s’effondre électoralement, passant de 10 à moins de 3 %.

Le FN voit aussi ses résultats diminuer drastiquement. Près de la moitié de l’électorat lepéniste du 5 mai a déserté le « Front National ». Comment en aurait-il pu être autrement ? Le vote pour Le Pen exprimait la colère de la « France d’en bas » de nos media. Le Pen lui-même se présentait comme le candidat anti-établissement. Mais dès le soir du 5 mai, le même Le Pen interpellait les dirigeants de ce même établissement et appelait  de ses vœux l’accord électoral de la droite et de l’extrême-droite ! Le FN a lui aussi payé cash cet abus de confiance politique.

Les digues mises en place par le Système aux extrêmes, car c’est cela le rôle assumé du FN ou de la LCR, ces proxénètes politiques, s’effondrent. La crise est avérée.

Comme l’analyse « LE MONDE », « les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne voit pas comment la leçon des élections législatives pourrait être différente de celle de l'élection présidentielle : le système politique français est en crise et, si rien n'est fait pour y apporter des remèdes, cette crise ira en s'aggravant. Et elle ne sera pas sans danger. "Nous savons, ou nous devrions savoir, écrivait la philosophe Hannah Arendt, que tout affaiblissement du pouvoir est une invite manifeste à la violence." Or ce qu'a confirmé le scrutin du 21 avril, au-delà de toute attente, c'est bien que le pouvoir en France, c'est-à-dire la représentation politique des citoyens, est affaibli. Cet affaiblissement s'est manifesté d'une manière éclatante il y a sept semaines par le fort taux d'abstention (28,40 %), l'importance du vote pour les extrêmes (29,64 %) et le faible score des partis dits de gouvernement ».

Sous le titre révélateur, « Comme s’ils n’avaient rien compris... », « LE SOIR » (Bruxelles) est encore plus critique pour la particratie : « Qu'importe le résultat de dimanche. Qu'importe même si le Front national recule, comme un sondeur très (trop ?) optimiste le prédit. Quelque chose semble déjà perdu dans cette élection. En ces temps de métaphores footballistiques, mettons-nous à la page. Quand on a une occasion, la seule chose qui vaille, c'est de mettre la balle  au fond . Or, depuis ce terrible 21 avril, les partis traditionnels n'ont pas beaucoup fait vibrer les filets (…) La folle présidentielle a révélé un discrédit inédit de la classe politique traditionnelle. Jamais depuis 1969 un candidat de gauche n'avait été écarté du deuxième tour, jamais un président sortant n'avait été élu avec un si bas score de premier tour (moins de 20%). Et comment entreprend-on de combler le fossé entre les élites et les citoyens ? En leur montrant de sempiternelles manœuvres d'appareils (la création à la hussarde de l'UMP), d'éternelles querelles de chefs (les prétentions des ténors de la gauche pour Matignon), et de lamentables pratiques d'investiture (le parachutage) qui font que l'on choisit sa terre d'élection non pas parce qu'on la connaît et qu'on l'aime mais parce qu'elle est « gagnable ». Qui, dans cette campagne, a parlé « programmes » ? Qui a su trouver les mots pour réconcilier cette fameuse « France d'en bas » avec celle « d'en haut » ? »

Cette crise sera longue. Elle annonce le temps des révolutions, en France comme dans d’autres pays européens. Une révolution qui exige un Parti révolutionnaire, une avant-garde qui apportera aux masses du bloc anti-Système ce qui leur manque dramatiquement : la conscience indispensable. Ce Parti, le PCN en jette les fondations !

Luc MICHEL

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