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PCN-Infos du 01 mai 2002

NI LE PEN, NI CHIRAC :
PAS UNE VOIX POUR LES CANDIDATS COMPLICES DU SYSTEME !


Les résultats cataclysmiques des élections présidentielles françaises du 21 avril 2002 feront date dans l'histoire politique française et européenne. Mais peut-être pas, comme on le croit, à cause de la présence au second tour de Jean Marie Le Pen, le candidat populiste et néo-poujadiste du « Front National ». Car l'événement le plus important, le plus marquant, ne se situe pas toujours là où l'on croit.

La présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française est l’objet d’un vaste débat partout en Europe. La Belgique n’y fait pas exception. Tous les observateurs y notent l’inexistence politique d’une extrême-droite francophone, malgré un terrain favorable. A la question du pourquoi, les même observateurs restent dubitatifs. Certains, parmi la particratie sociale-démocrate belge notamment, avancent un soi-disant « travail de terrain » (sic) qui aurait « endigué » le phénomène.

La réponse est toute autre. Dès mai 1995, où le FN belge connaissait un coup d’arrêt brutal et inattendu aux élections législatives, le journal flamand « DE MORGEN » y répondait, en écrivant qu’ « au sein des partis traditionnels on se montre modeste et silencieux quant à l’origine des malheurs du FN belge » (1). L’hebdo bruxellois « DIMANCHE MATIN » évoquait, lui, « le PCN par qui le malheur du FN arriva » (2). Car l’inexistence de l’extrême-droite en Belgique francophone n’a pas d’autre origine, elle est due à la campagne pugnace et solitaire menée par le PCN entre 1991 et 2000, que le politologue Jean-Yves camus qualifiait dans « TRIBUNE JUIVE » de « guérilla incessante et réussie » (3). Le  PCN peut en effet se flatter de s’être opposé avec une rare efficacité au FN belge, le privant notamment par ses recours administratifs victorieux du financement de l’Etat, de l’accès au sénat fédéral et de plusieurs députés fédéraux et régionaux.  « Le FN ou les FN, sont par ailleurs victimes de l’offensive du PCN, le Parti Communautaire National-européen, qui cherche à liquider l’extrême-droite … », commentait l’hebdo « SYNDICATS » (4) (sur l’action du PCN voir : http://membres.lycos.fr/widerstand/Revue.htm )

Le combat du PCN contre l’extrême-droite, qui a aussi connu des actions réussies en France (voir : http://membres.lycos.fr/widerstand/revuefrance.htm ) et en Italie, n’est pas mené pour sauver le régime et sa fausse démocratie confisquée. Le PCN pense en effet que la destruction de l’extrême-droite est un préalable obligatoire à la constitution d’un Front uni des ennemis du Système.

Ce combat contre l’extrême-droite, le PCN le mène dans la ligne anti-nazie définie par le KOMINTERN et le KPD, le Parti communiste allemand, au début des années 30 : celle du combat pour « la libération nationale et sociale du peuple allemand», qui visait à arracher les masses nationalistes à l’Hitlérisme. Car, en 1930 comme aujourd’hui, la clé toute action anti-nazie qui ne soit pas récupérable et récupérée par le Système, c’est d’arracher à l’extrême-droite ses cadres et ses électeurs, qui s’y sont souvent égarés par dégoût, et de les  amener au service de la Révolution.

En 1995, nous lancions un slogan repris à de nombreuses élections en Belgique et en France : « Ni les Nazis, ni les pourris ! ». Que n’avons nous pas entendu comme critique alors, notamment dans une certaine gauche anarcho-maoiste !

Au PCN, où l’on pratique les méthodes rigoureuses d’analyse du socialisme scientifique, nous avons souvent raison les premiers. Notre slogan est aujourd’hui celui de toute la gauche radicale en France, celle qui n’est pas dévoyée par le Trotskisme alimentaire et le pseudo antifascisme régimiste, au second tour de l’élection présidentielle : « Ni facho, ni voleur » lit-on partout dans les groupes les plus révolutionnaires, « ni le voleur, ni le nazi » nous disent les anarcho-maoistes du PTB, pourtant si critiques contre notre position en 1995.

Loin de cette position rigoureuse, la seule qui soit authentiquement révolutionnaire, les antifascistes du Système, ceux de « Ral’Front », ou encore les belgicains de « RésistanceS », ont volé au secours du Régime, lançant les masses qui venaient justement de refuser celui-ci en votant pour l’extrême-gauche, au secours de Chirac, « super voleur », figure emblématique de la corruption impunie de la Particratie européenne, comme vient de la rappeler l’hebdo américain « NEWSWEEK ».

La journaliste Elisabeth Levy, qui vient de publier un livre où elle dénonce l’imposture de la classe intellectuelle française, celle des Adler et autre Bernard-Henry Levy, évoque à ce sujet avec pertinence et férocité les « Jean Moulin de carnaval » et le « grand théâtre antifasciste ».

On y voit même intervenir sans aucune pudeur des personnages comme Jean-Christophe Cambadélis, ancien trotskiste lambertiste reconverti dans la Sociale-démocratie alimentaire et devenu avec son organisation « Le Manifeste contre le Front National » le Monsieur antifa du PS. Un seul problème : Cambadélis est aussi en relations d’affaire avec des dirigeants du FN ! (5).

Car tout cela est un grand cirque, ou les clowns de l’antifascisme régimiste font une retape indécente pour les proxénètes politiques faisandés du Système, qu’ils soient de droite ou de « gauche ».

Il faut le rappeler incessamment : Le milliardaire Le Pen est une créature du Système, à la fois outil politique au service de règlements de comptes internes à la Particratie et digue chargée de canaliser le mécontentement aux marges de la politique.

Tout comme les jeunes manipulés par les antifascistes régimistes, les électeurs du « Front National » sont les cocus de la farce !

Pour ceux qui ont des doutes sur la réalité de la collaboration du Lepénisme avec le système, il faut lire le livre « LA MAIN DROITE DE DIEU » (6), consacré aux rapports de Mitterrand et de l’extrême-droite et où l’on démonte la fabrication du FN par la Sociale-démocratie.

Ce qui n’empêche pas Mazarine Pingeot, fille de Mitterrand, de venir donner des leçons d’antifascisme chez Karl Zero.  Après avoir vécu, aux frais de la République, une enfance très protégée, l’un des responsables de sa sécurité n’étant autre qu’un certain Bernard Courcelles … longtemps patron du DPS, la milice lepéniste ! (7)

Et avant l’action décisive de Mitterrand, c’est la droite, le RPR de Chirac, qui à Dreux n’a pas non plus hésité en prenant des candidats du "Front National", dont son secrétaire-général Jean-Pierre STIRBOIS, sur une liste municipale à lui donner sa première légitimité et sa première consécration électorale.

Après avoir, comme l’avait planifié Mitterrand, cassé la droite pendant vingt ans, Le FN sert maintenant à briser la gauche. Car dans la Vème République, les mœurs florentines remplacent le débat politique.

Comment Chirac s’est servi du FN lors de ces présidentielles, c’est Le Pen lui-même qui nous l’explique sans pudeur, dénonçant « un formidable montage », « la grande magouille » :

« Le candidat du Front national a accusé le président sortant d'avoir monté «de main de maître» une machination pour assurer la mort politique du champion des socialistes. «J'ai découvert qu'il y avait eu de la part de Jacques Chirac un formidable montage, un stratagème pour me substituer à Jospin», a-t-il affirmé -sans rire- sur TF1. «Quand on additionnait les voix de gauche potentielles de Jospin et les voix de Chirac, si je n'arrivais pas avant Jospin, Chirac était forcément battu» (…) le leader d'extrême droite a donc égrené point par point les étapes de ce «stratagème machiavélique» monté «de main de maître». Jacques Chirac «a d'abord fait porter sa campagne sur un sujet qui m'était cher, c'est l'insécurité», a-t-il dit, enfonçant un peu plus le fer dans la plaie béante des partisans de gauche, dont certains reprochent à Jacques Chirac d'avoir fait le lit du FN.

Jean-Marie Le Pen a ensuite laissé entendre que le président sortant, son ennemi intime, aurait incité le souverainiste Charles Pasqua à se retirer de la compétition, puisqu'il pouvait priver le candidat FN de «deux ou trois points» au premier tour. A titre de preuve, il a estimé que «tout à fait étonnamment», l'ancien ministre de l'Intérieur «a échoué à 20 parrainages près de pouvoir se présenter». «Je crois que tout cela a été calculé».

Reprenant à son compte le reproche fait à François Mitterrand d'avoir instrumentalisé le FN pour contrer la droite, Jean-Marie Le Pen a donc accusé Jacques Chirac de l'avoir utilisé à son tour pour «piéger la gauche». «Le montage qui a eu lieu à eu pour objet de faire une OPA sur la gauche et de pouvoir se servir de ses adversaires pour lui servir de piédestal», a-t-il selon lui «révélé». Dès lors, Jacques Chirac aurait «déclenché cette espèce de rassemblement de défense de la République contre le mythe de l'extrême droite que, brusquement, j'ai été chargé d'incarner, espérant ainsi des gogos de la gauche qu'ils viennent -fut-ce en se bouchant le nez et en votant avec des gants- voter pour lui», a-t-il ajouté.» (8)

Un détail encore ! Mais de poids et révélateur de l’engagement assumé du FN au service des intérêts impérialistes. Le Pen, au-delà des gesticulations médiatiques et du théâtre antifasciste, est en effet aussi le candidat de nombreux sionistes.

« Si Le Pen n’était qu’un fasciste arabophobe et n’était pas également un judéophobe avéré, l’Etat d’Israël, dans sa forme actuelle, accueillerait son succès avec beaucoup de satisfaction », affirme le journal israélien « YEDIOT AHARONOT » (9), au moment où de nombreux observateurs notent que Le Pen et Sharon partagent le même sentiment anti-arabe.

Dans le quotidien israélien « HAARETZ », le président du Front national, lui,  soutient Ariel Sharon. Il y fait appel à son expérience pendant la guerre d’Algérie pour justifier la guerre menée par Sharon. Le Pen y rapproche son combat contre le FNL de celui mené par le Premier ministre israélien « fidèle à des engagements » : « C'est très facile d'être critique quand on est assis dans son fauteuil. Je comprends très bien que l'Etat d'Israël cherche à défendre ses citoyens (…) Je faisais partie de la 10e division parachutiste chargée d'écraser le terrorisme à Alger, où il y avait des attentats en série contre les civils dans les lieux publics. Nous n'avons pas écrasé les terroristes en étant gentils avec eux. La guerre contre le terrorisme est une chose brutale ». Qu’en pensent les jeunes militants lepénistes qui crient parfois « A Paris comme à Gaza, Intifada » ?

Car la progression de Le Pen est loin d’inquiéter les Sionistes. « Le triomphe de Le Pen : un message aux musulmans pour qu'ils se tiennent tranquilles », commente le journaliste israélien Yair Sheleg dans « HAARETZ » (10), qui précise qu’ « Avant même le (…) premier tour des élections presidentielles, Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), admettait un fait embarrassant. Bien que cette situation ne lui fasse pas exactement plaisir, Cukierman croyait que les juifs de France et Le Pen partageaient un intérêt commun ». « Le fait même que Le Pen s'oppose de façon ouverte a l'immigration musulmane en France émet un message qui contribue à contenir la violence venant de cette immigration », dit le dirigeant du Judaïsme français  (11) !

Une position nullement isolée, comme le démontre le ralliement du restaurateur « Jo Goldenberg, victime du terrorisme islamique en 1982 », qui « a soutenu Le Pen devant les caméras au soir du prodigieux premier tour » (12). Ou encore les activités pro-sionistes du journaliste Alexandre Del Valle (13), par ailleurs conférencier apprécié du MNR et des racialistes de  « Terre et Peuple ».

Certains vont même encore plus loin et soutiennent directement Le Pen, appelant de leurs vœux un « Likoud à la française » : « Depuis un demi-siècle Israël est diabolisé dans les médias français. Depuis vingt ans, Le Pen est diabolisé dans les médias français. Israël comme Le Pen incarnent ce refus de la fin de l'histoire dont on nous rebat les oreilles. Non, nous ne voulons pas disparaître, et nous laisser tiers-mondiser et exploser sous les bombes humaines. Non, nous ne voulons pas du racisme anti-français, de l'anti-sionisme et de la destruction de l'occident (…)  Le Pen a commis des excès verbaux, qu'il a regrettés. Sharon a commis des excès militaires. Mais ces deux hommes sont des guerriers qui refusent l'extinction de leur peuple pour complaire aux médias politiquement corrects de la France et d'ailleurs. Ils refusent la fatalité, dont Tocqueville disait qu'elle allait constituer l'apanage de la démocratie moderne, qui ferait des judéo-chrétiens que nous sommes des turcs. Ils osent et affrontent leurs ennemis, bafouent les mondialistes de tout poil pour qui le bon blanc, en Rhodésie, en France ou en Israël, est un blanc mort et soumis. Un catéchiste qui doit dialoguer avec le terrorisme, l'islamisme ou l'invasion, le néo-communisme et la liquidation d'un prodigieux héritage (…) Mais qui incendie les synagogues ? Les potes ou les électeurs de Le Pen ? Les jeunes de banlieue ou les ouvriers écœurés par l'immonde classe politique qui, comme les émigrés de 1815, n'a rien oublié ou rien appris ? (…) Il faut balayer la droite molle et créer un parti tory à la Thatcher ou un likoud français, sûr de soi et dominateur, pour emmerder les néo-gaullistes et les socialistes qui ont fait de la France le pays occidental le moins sûr du monde ! » (14)

Qu’en pensent le antifascistes de salon de « RésistanceS », qui assimilent outrageusement anti-sémistisme et anti-sionisme, cette forme de racisme condamnée par l’Assemblée générale de l’ONU ?

Face à toute cette fange malodorante, celle du Système, de ses manipulations, de ses compromissions, il n’y a qu’un seul choix à faire : celui de la Révolution !

Pas une voix pour les candidats du Système que sont Chirac et Le Pen !

Abstention révolutionnaire !

 

Luc MICHEL.

 

(1) « PCN ZET FRONT NATIONAL EEN HAK » (Le PCN assomme le FN), DE MORGEN, quotidien, Bruxelles, 6 mai 1995.

(2) « QUI EST LE PCN PAR QUI LE MALHEUR DU FN AU SENAT ARRIVA », in DIMANCHE MATIN, quotidien, Bruxelles, n° 101, 7 mai 1995.

(3) Jean-Yves Camus, "Les rouges-bruns pro-palestiniens rejoignent le FN",  in TRIBUNE JUIVE, hebdo, Paris, 10 octobre 1996.

(4) SYNDICATS, hebdo, Bruxelles, 19 septembre 1996.

(5)  « LE PRESIDENT DU " MANIFESTE CONTRE LE FN " ETAIT SALARIE PAR UN EX-DIRIGEANT DU FN » titre le RESEAU VOLTAIRE, qui précise ce qui suit : « La procédure ouverte par le juge Patrick Fievet sur la gestion de l'AGOS, un organisme de gestion de foyers de travailleurs immigrés, confirme que Jean-Christophe Cambadélis était salarié de cette agence d'avril 93 à la fin 95. Il vient d'être mis en examen par le magistrat qui soupçonne un salaire fictif, ce que l'intéressé dément depuis un an. Cette affaire relance par ailleurs une polémique politique révélée par Libération en novembre 95. En effet, le président de l'AGOS n'était autre que Yves Laisné, ancien membre du Comité central du Front National, alors même que Jean-Christophe Cambadélis préside depuis 1991 l'association " Manifeste contre le FN ". Dès lors on comprend mal le lien de subordination qui pouvait exister entre les deux hommes. [Jean-Christophe Cambadélis pouvait difficilement ignorer le passé et l'engagement d'Yves Laisné auquel par exemple la revue Article 31 a consacré un numéro spécial en 1989, et Blandine Hennion a consacré quelques pages en 1993 dans Le FN et l'argent de l'establishment.] » (Source : "Réseau Voltaire", note référence : RV 96/0868). Ajoutons que le lepéniste et l'ex gauchiste trotskiste géraient ensemble un foyer d'immigrés !

(6) "LA MAIN DROITE DE DIEU : ENQUETE SUR FRANÇOIS MITTERRAND ET L'EXTREME DROITE", Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Pérez, Seuil, 1994.

(7)  cfr. François-Xavier Verschave, « NOIR SILENCE », Les Arènes Ed., 2001, p. 300.

(8) « LE PEN DENONCE LA GRANDE MAGOUILLE », dépêche de l’AFP, 30 avril 2002.

Charles Pasqua a répondu mercredi sur France-Inter à Jean-Marie Le Pen :  « Il m'aura manqué 22 signatures et ce n'est pas par l'opération du Saint-Esprit qu'un certain nombre de gens, à la dernière minute, ont refusé de parrainer ma candidature qu'ils s'étaient engagé à parrainer ».

(9)  Cité par le « COURRIER INTERNATIONAL », 25 avril 2002.

(10)  HAARETZ, Tel Aviv,  23 avril 2002.

(11) Yair Sheleg, “LE PEN'S TRIUMPH: A MESSAGE TO MUSLIMS TO KEEP QUIET. Roger Cukierman, president of CRIF, the Representative Council of Jewish Organizations in France, talks about the significance for Jews of the rise of Jean-Marie Le Pen”, HAARETZ, Tel Aviv,  23 avril 2002.

(12) et  (13) Cfr. L’hebdo « LES 4 VERITES », N°347, 27 avril 2002.

(14) Cfr. Alexandre Del Valle, « Mise au point », in ACTUALITE JUIVE, Paris, 24 janvier 2002 ; et Alexandre Del Valle, Interview parue dans ISRAEL MAGAZINE, mensuel, Tel-Aviv, février 2002.

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