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PCN-Infos du 04 mars 2002

SLOBODAN MILOSEVIC, LE BOUC-EMISSAIRE UNIVERSEL ! 

La Guerre froide avait l'avantage de permettre au camp impérialiste occidental de pouvoir justifier toutes ses erreurs, ses opérations barbouzardes et ses exactions innombrables par le prétexte de l'anti-communisme. Ce petit tour de passe-passe idéologique permettait de faire porter aux Etats et militants socialistes le poids de tous les massacres, de tous les abus politiques, économiques et surtout militaires. Mais la fin de la bipolarité a laissé un vide, et la propagande néo-libérale américaine a perdu un temps tout moyen de reporter ses propres fautes sur un quelconque empire du mal. Les spécialistes de la manipulation de Washington n'ont pourtant pas tardé à comprendre l'avantage qu'il y avait à monter de toutes pièces des adversaires leur permettant de continuer leurs conquêtes impérialistes et de les légitimer.

Parfois, comme on le voit en Argentine, cette méthode ne sert qu'à gommer le caractère destructeur et cynique de la doctrine néo-libérale. Si les mots d'ordre du FMI n'empêchent pas l'appauvrissement sans précédent d'une population entière, et la faillite absolue d'un Etat soumis aux diktats impérialistes, c'est évidemment la faute aux élites locales. Celles-ci, pourtant formées dans les écoles américaines, sont ainsi accusées de tous les maux. Jamais l'idéologie capitaliste bourgeoise n'est remise en question en tant que telle. Le néo-libéralisme international doit préserver son image de marque, celle d'une doctrine porteuse de paix, de sécurité, de stabilité et d'opulence. Si ça ne marche pas, c'est forcément la faute aux dirigeants locaux, présentés comme corrompus, dictatoriaux, incapable d'appliquer dans leurs pays les recettes du paradis capitaliste occidental.

Ce cynisme, qui occulte évidemment le fait que l'idéologie néo-libérale ne sert la richesse que d'une élite internationale, les Etats-Unis et ses valets européens, a pris dans le cas de la Yougoslavie une tournure plus tragique encore. Là-bas, il ne s'agissait pas simplement d'imposer un ordre économique, mais d'implanter durablement l'influence impérialiste dans les Balkans tout en éradiquant le potentiel contestataire de l'un des derniers Etats d'Europe opposé au Nouvel Ordre Mondial. C'est pourquoi les serbes, et le premier d'entre eux Slobodan Milosevic, sont devenus les bouc-émissaires parfaits de toutes les exactions qui ont permis aux occidentaux de prendre le contrôle de la région. Non seulement Milosevic est aujourd'hui accusé injustement de crimes fantômes au cours de la guerre du Kosovo, mais c'est toute l'histoire sanglante de l'éclatement de la Yougoslavie multi-ethnique dont on veut lui faire porter la responsabilité !

Il n'y a peut-être rien d'étonnant à cela, si l'on considère que le TPI n'existe évidemment que dans l'unique but de détruire Slobodan Milosevic et de faire passer son combat anti-impérialiste légitime pour un vulgaire combat ethnique et crypto-fasciste.

Transféré au tribunal de La Hague inféodé à l'OTAN, au mépris de toute légalité, parce que le nouveau gouvernement yougoslave était incapable de trouver les preuves réclamées par les occidentaux pour le juger, Milosevic est devenu aujourd'hui cet ennemi bien commode qui permet aux impérialistes d'occulter leurs propres fautes. Et alors que des centaines de milliers de serbes se mobilisent pour sa défense, alors que les militants anti-impérialistes du monde entier tentent de faire entendre leur voix contestataire, les inquisiteurs révisionnistes du TPI l'accusent d'être le seul coupable des exactions en Bosnie.

Les massacres perpétrés par les intégristes catholiques et fascistes croates, et par les terroristes islamistes bosniaques sont oubliés. A travers Milosevic, c'est tout le peuple serbe victime d'épuration en Croatie, en Bosnie, puis au Kosovo, qui devient par magie le seul coupable, alors que l'éclatement de la Yougoslavie a été amorcé par des régimes ultra-nationalistes sponsorisés par les occidentaux.

Au cours de son procès, Slobodan Milosevic a interrogé ses juges. Il leur a demandé pourquoi des centaines de milliers de musulmans bosniaques s'étaient réfugiés en Serbie au cours du conflit avec la Croatie. Pourquoi auraient-ils fui auprès d'un peuple que le tribunal veut présenter comme leur bourreau ? Mais cette version des faits n'intéresse pas le Tribunal pénal occidental. Aucun cadavre de serbe ne sera déterré, selon les termes employés par Carla Del Ponte, et tous les cadavres de Bosniaques et de croates seront bien entendu imputés à Slobodan Milosevic.

Le « Comité International pour la Défense de Slobodan Milosevic » (ICDSM), au sein duquel le PCN-NCP fait particulièrement entendre la voix de l’Espace francophone, lutte aujourd'hui pour combattre cette déformation idéologique de l'histoire.

Car encore une fois, les occidentaux s'affranchissent de leurs crimes en se servant d'un bouc-émissaire qui a pourtant aidé à stabiliser les Balkans après la guerre en Bosnie. Encore une fois, les impérialistes occultent le caractère meurtrier de leur conquête idéologique et militaire, et sa conséquence sur les populations asservies, en faisant passer un authentique chef d'Etat progressiste pour un dirigeant indigne et meurtrier. Et après le Kosovo, la Bosnie, quoi d'autre ? Quels crimes vont être imputés à Milosevic dans la folie révisionniste du TPI ? Puisqu'il est devenu le bouc-émissaire de crimes que d'autres ont commis, pourquoi ne pas étendre les accusations à des faits qui le concernent en aucune façon ?

Gageons que si les accusations se révèlent peu crédibles malgré les manipulations judiciaires du TPI, les petits procureurs impérialistes trouveront à inventer de nouveaux crimes ou à étendre les responsabilités du peuple serbe pour servir les objectifs du nouvel ordre mondial.

Mais tous les Torquemada de l'Occident capitaliste, emportés dans leur propagande délirante, risqueront alors de voir, aux côtés du PCN-NCP et de l'ICDSM, se lever une fois encore les peuples européens asservis sous le joug autoritaire du néo-libéralisme. Plus de 500 000 serbes furent expulsés de Croatie, puis du Kosovo tombés sous la coupe de la mafia albanaise. Aujourd'hui, les proxénètes de l'UCK roulent en voiture de luxe, et les derniers serbes de la province meurent de fin sans jamais perdre leur dignité et renier leur ancien chef d'Etat. Aucun cadavre serbe n'empêche les juges du TPI de dormir. Mais les occidentaux n'ont pu tuer tous les serbes, et le gouvernement servile de Belgrade ne fera pas taire ce peuple. A nous de faire entendre sa voix révolutionnaire : celle de la résistance populaire et légitime !

 

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