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PCN-Infos du 22 octobre 2001

LA GUERRE YANKEE CONTRE LA NATION AFGHANE EST AUSSI 
ET SURTOUT UNE GUERRE CONTRE L’EUROPE !

L'impérialisme américain a commencé sa guerre unilatérale contre l'Afghanistan.

D'un ton menaçant, Washington a aussi confirmé formellement au Conseil de Sécurité de l'ONU que les opérations militaires pourraient s'entendre au-delà de l'Afghanistan. D'autres pays pourraient être visés. L’Irak, en première ligne. Mais aussi la Colombie ou la guérilla guevariste des FARC et de l’ELN est un exemple insupportable pour Washington.

Est-ce que tout cela est vraiment fait pour « éradiquer le terrorisme » ???

Car Washington et son vassal britannique sont bien incapables de présenter leurs soi-disant « preuves » contre Kaboul ou même Ben Laden. A titre d'exemple sur les « preuves » de Bush, celle-ci ne sont acceptées que par les alliés directs des États-Unis: Grande-Bretagne et Pakistan. L’infâme Tony BLAIR, en parlant de ces « preuves », en a fait un sujet de moquerie et de raillerie au Parlement britannique, en affirmant que « ceci ne doit pas être jugé sur des bases légales ». Le général putschiste Pervez Musharraf, dictateur du Pakistan, dans une conférence de presse, beaucoup plus diffusée, s'est fait l'écho de BLAIR, en affirmant que c'était « immatériel », même « si les évidences  pouvaient être examinées sur une base légale ». La raison principale, suivant ce général, étant que les « évidences » désignaient Ossama bin Laden.

Il est clair et évident pour tout esprit lucide que les États-Unis utilisent de façon diabolique les événements du 11 septembre pour étendre leur hégémonie impérialiste mondiale. L'Afghanistan  occupe en effet une position centrale pour le contrôle économique des ressources de pétrole et de gaz dans tout le Moyen-Orient. Les États-Unis actuellement y importent 51% de leur pétrole brut, soit 19,5 millions de barils par jour. L'Administration américaine sur l'information de l'Énergie estime que vers 2020, les US y importeront 64% de leur pétrole brut. La Région de la Caspienne pourrait être la troisième plus grande réserve de pétrole du monde ( après la Sibérie occidentale et le Golfe Arabo-Persique), et dans les 15  ou 20  prochaines années devrait être assez importante pour remplacer le pétrole du Golfe. Le pétrole et le gaz de la Mer Caspienne ne sont pas les seuls endroits pétrolifères de la région. Le désert de Karakorum au Turkménistan détient la troisième plus grande réserve de gaz du monde, 3.000 milliards de m3, et a une réserve de pétrole estimée à 6 milliards de barils ( 1 baril fait 185 litres ). Les estimations les plus courantes indiquent qu'en plus des ces énormes réserves de pétrole, le Bassin de la Caspienne pourrait contenir presque 200 milliards de barils de pétrole, 33 fois la capacité estimée du gisement de North Slope en Alaska, qui a une valeur actuelle de 4.000 milliards de dollars. Ce serait suffisant pour répondre aux besoins américains pour les 30 prochaines années et plus !!!

La présence de ces réserves pétrolières et de la possibilité de son exportation sont des motifs stratégiques puissants pour les USA et les autres puissances industrielles occidentales. Ainsi les compagnies pétrolières construisent actuellement des pipe-lines dans le  Caucase et l'Asie Centrale pour alimenter le Japon et l'Occident. Ces options stratégiques ont évidemment des implications militaires.

Il est aussi nécessaire de rappeler que BUSH et son Vice-président Dick Cheney ont des liens étroits avec l'industrie pétrolière US, dont ils ont été des cadres supérieurs.

La "Voix de l'Amérique" précise cyniquement les enjeux en cours selon l’angle des intérêts impérialistes yankee : « Nous aux État-Unis, voyons le pétrole sous un angle sécuritaire et nous devons le protéger par tous les moyens nécessaires, sans aucune considération secondaire, ni l’interférence d’autres valeurs ».

Dick Cheney, qui en tant que chef des opérations de « Halliburton », une des grandes sociétés de services pétroliers, a été un acteur influent dans l'industrie pétrolière (suivant « Fortune 200 »), a récemment déclaré à des cadres dirigeants de cette industrie ce qui suit : « Je ne peux pas penser que face à une région aussi stratégique que la Caspienne, nous puissions accepter que le pétrole et le gaz de cette région partent vers le Nord, vers les marchés européens ». Suivant Bob Todor, vice-président de l'UNOCAL, la compagnie qui dirige un consortium international pour la construction du pipe-line « Centre-Asie » qui traverse l'Afghanistan, « l'Europe de l'Ouest est un marché dur, caractérisé par des prix pétroliers élevés, une population vieillissante, et où se développe une compétition grandissante concernant le gaz naturel ». Parmi les nombreux avantages du pipe-line afghan, suivant Todor, il y en a un majeur qui est de « se terminer dans la Mer d'Arabie, qui est plus proche que le Golfe Arabo-persique ou la Chine du Nord, à destination des principaux marchés asiatiques ». Ce pipe-line deviendra crucial pour les grandes compagnies pétrolières américaines, parce qu'il leur permettra de vendre leur pétrole vers une Asie au marché en  grande expansion. Les profits que l'on peut espérer en tirer dans les milieux pétroliers américains seront largement supérieurs à ceux des marchés Européens.

La guerre engagée par Bush en Afghanistan est aussi et surtout une guerre contre l’Europe !

Mais la construction de cette route si prometteuse ne pourra commencer que quand un Gouvernement reconnu et contrôlé sera en place en Afghanistan. Bien que les compagnies pétrolières aient l'accord de toutes les parties en conflit en Afghanistan pour le tracé de ce pipe-line, la situation est loin d'être facile. La destruction des ambassades US en Afrique orientale, attribuée à Ossama Ben Laden, la riposte américaine qui en a suivi, notamment les bombardements sur l'Afghanistan en 1998, ont suscité de  multiples complications.

Même si les US arrivaient à détruire le gouvernement des Talibans, les problèmes persisteront avec « l'Alliance du Nord », association de clans maffieux. Le pipe-line deviendrait ainsi une cible facile à détruire par l'une ou l'autre des factions en présence. Et ces menaces potentielles pourraient aussi être utilisées comme moyen de chantage par les groupes maffieux afghans.

La seule solution fiable pour Washington, c’est d’établir un control effectif sur les ressources pétrolières de la Région.  Ce qui signifie que les USA ont besoin d'un gouvernement pro-américain dans un Afghanistan unifié.

L'offre de faciliter le retour du monarque précédemment chassé Zahir shah, en écartant les Talibans mais aussi en marginalisant l’ « Alliance du Nord »,  reflète bien ce désir. Le  prix à payer par le peuple afghan, c’est  la destruction de tout ce qui reste debout en Afghanistan et la mort de milliers d'innocentes victimes, au nom de la poursuite  d'intérêts économiques impérialistes et de profits capitalistes.

Washington demande au Monde aujourd'hui  d'être aux cotés des USA « en lutte contre le terrorisme », mais ceci n'est qu'une couverture. Il est tout simplement exigé du monde d'aider les USA de renforcer leur hégémonie économique. Quant aux marionnettes européennes de Washington, qui méritent la corde pour haute trahison, ils soutiennent directement une guerre qui fait de l’Europe sa principale cible économique !

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