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PCN-Infos du 26 août 2001

ENTRE REFORMISME ET REPRESSION :

LA VOIE ETROITE DE LA REVOLUTION

Le XXIème Siècle devait être celui du triomphe du capitalisme et du règne sans partage de la nouvelle Carthage yankee, unique superpuissance imposant partout son "Nouvel Ordre Mondial". Et l'Homo americanus devait dominer le monde du libre commerce, avec pour principale caractéristique son hyper individualisme et son égoïsme forcené. "Lénine est mort une seconde fois avec l'URSS" nous disait-on. Et le temps du militantisme était définitivement révolu.

Mais c'était oublier la loi des Révolutions (1) qui veut que la réaction la plus accomplie suscite inévitablement les forces qui la renverseront. Et partout dans le monde des militants se lèvent à nouveau.

Ceux du combat anti-mondialisation malheureusement canalisé vers le réformisme par ses gourous autoproclamés. Ceux du combat ouvrier et syndical qui refusent l'exploitation et bâtissent dans les luttes quotidiennes une nouvelle internationale. Ceux de la Cause des Peuples qui veulent vivre libres et dignes.

Les foules brandissent toujours le portrait du CHE. Peron est mort trahi mais Fidel Castro, malgré ses 75 ans et la haine inlassablement organisée des USA contre Cuba, reste un exemple et pas seulement en Amérique Latine. Nkrumah nous a quitté mais trois décennies après la "Révolution du Fateh", Kadhafi enflamme les peuples d'Afrique et brandit le drapeau de l'unité panafricaine. En Colombie, au Népal, au Pérou, l'ordre bourgeois vacille face aux peuples en Armes. Et la Russie, que l'on croyait dissoute dans le néocapitalisme des oligarches mafieux, vibre à nouveau, de Poutine à Zouganov, pour le mythe héroïque de la Troisième Rome panslave. Et du fond de sa prison de La Haye, où il a été vendu par les judas de Belgrade, Slobodan Milosevic, qui fait le procès de l'OTAN et du TPY, nous rappelle que le combat ne s'arrête pas aux portes des prisons.

Non l'histoire n'est pas finie ! Non le dernier homme n'a pas abdiqué ! N'en déplaise à Fukujama et autres idéologues du Pentagone ...

Au sein même de la nouvelle Carthage, dont le cœur bat à Wall-Street, des voix s'élèvent, inquiète. "Les syndicats vont globaliser leurs revendications. De plus en plus le Travail communique sur une base internationale. Et tout témoigne que la tendance va vers des activités internationales concertées des travailleurs", constatait amèrement il y a quelques jours le quotidien ultra-conservateur "USA TODAY" (2).

Face à la révolte qui gronde et qui n'en est qu'à ses premiers balbutiements, le Système a peur et prépare sa défense. Celle-ci comme toujours va reposer sur deux axes.

D'une part l'endiguement, la canalisation du mécontentement vers le réformisme. C'est le rôle à "gauche" des Sociaux-démocrates et de leurs valets trotskystes, les ATTAC et autre autres anti-mondialistes pacifistes. C'est aussi le rôle de l'extrême-droite parlementariste sur l'autre versant de la contestation.

Et les deux extrêmes du Régime, Janus immonde de la Contre-révolution, dont le rôle est d'empêcher la révolution contre le Système, ont d'ailleurs des liaisons dangereuses que l'on préfère trop souvent ignorer. Comme les contacts suivis entre Trotskystes lambertistes et Lepénistes en France (3) (4), ou encore plus révélateurs entre antifascistes autoproclamés et FN (5), que nous dénoncions récemment.

D'autre part, le Système va démultiplier les provocations parapolicières, prétexte au fichage, à la limitation des libertés par des législations d'exceptions, à la répression directe. Depuis Gênes, on sait que lorsque l'Etat capitaliste se sent en danger, la frontière entre l'Etat de droit formel et la dictature bourgeoise policière est étroite. Dans l'Europe de Schengen et de Maastricht, si prodigue en leçons de démocratie et de droits de l'homme, on assassine et on torture les militants révolutionnaires..

Dans notre précédente chronique, à l'occasion des incidents de Gênes, nous dénoncions le rôle des provocateurs barbouzards comme les "Black Block" anarchistes en Allemagne et en Italie ou les groupuscules "rouge-bruns" en France et en Belgique.

De nouvelles révélations sur les incidents dramatiques de Gênes donnent totalement raison à notre analyse. Un document secret des forces de sécurité italiennes relate en effet la préparation d'actions d'infiltration. Les agents provocateurs sont notamment des militants du groupe néonazi "Forza Nuova". Selon le quotidien italien "SECOLO XXI" (6), ce document top-secret de la police génoise évoque la préparation d'actions d'infiltration par des groupes néonazis au Sommet de Gênes.

Le quotidien mexicain "LA JORNADA" (7) donne des détails supplémentaires. "Des "militants radicaux de droite" auraient participé aux actes violents durant le Sommet de Gênes". Leur objectif : "s'attaquer aux forces de sécurité et, de cette manière, mettre la gauche dans une position hostile vis-à-vis de la police et de l'opinion publique." Entre 25 et 30 militants de "Forza Nuova" auraient notamment infiltré les pacifistes "Tute Bianche".  Gavino Angius, le président des sénateurs démocrates de gauche en Italie, a accusé le ministre de l'Intérieur Claudio Scajola d'avoir menti au Parlement à propos de l'existence du document en question.

"Forza Nuova" n'était pas seul en cause. "LA JORDANA" dénonce aussi la présence de néonazis non-italiens.

"IL MESSAGERO" (8) et l'agence de presse "AdnKronos" (9) publient eux les accusations de Biagio Cacciola, vice-président du Conseil communal de Frosinone (Ligurie), qui révèle que "trente militants du Fronte Nazionale étaient présents à Gênes". Aucun n'a bien entendu été arrêté !

Le "Fronte Nazionale", un groupuscule italien présidé par Adriano Tilgher, est le correspondant du groupuscule barbouzard français "Unité Radicale", qui annonçait d'ailleurs ouvertement la provocation sur son site Internet. "Unité Radicale", dont la direction est liée au monde des sectes lucifériennes et néo-templières, est aussi directement lié au groupuscule belge "Nationalistes contre l'OTAN" (sic), issu de la milice privée néonazie L'ASSAUT, qui le 13 juin dernier perturbait avec la complicité et la protection directe de la police  une manifestation contre la venue de Georges Bush devant le siège de l'OTAN à Bruxelles, provoquant arrestations et fichages (10).

Pour situer "Unité Radicale", celle-ci fait aussi campagne pour la libération de Michel Lajoye, une barbouze néonazie, incarcéré pour préparations d'attentats et pour un attentat raté contre un café d'immigrés, sur ordre de la DPSD, la sécurité militaire française, après avoir été "lâché" par ses agents traitants (11).

Le monde des provocateurs est petit et l'internationale barbouzarde une triste réalité !

En parallèle aux provocations et à la répression, l'aile sociale-démocrate du Système tente de récupérer le mécontentement anti-mondialisation. L'exemple français est révélateur. "Courtisés par la droite comme par la gauche à quelques mois des élections législatives et présidentielle au printemps 2002, les anti-mondialistes français peinent à garder leurs distances avec le pouvoir politique", écrit l'AFP (12).

Ainsi, l'université d'été d'ATTAC est organisée à Arles (sud-est), pour la première fois avec le soutien déclaré du gouvernement Jospin, par le biais du secrétariat d'Etat à l'Economie solidaire. Entre l'ancien trotskyste lambertiste Jospin et les nombreux trotskystes infiltrés à la direction d'ATTAC, comme Aguitton de la LCR, la connivence est facile.

Le journal économique "LA TRIBUNE", se demande, lui, si "ces organisations maintiendront leurs distances avec le monde politique qui a contribué à leur succès".

Déjà, le leader autoproclamé du mouvement anti-mondialiste en France, José Bové, coqueluche de Seattle et ancien trotskyste lambertiste lui aussi, sa "Confédération paysanne" étant issue d'un syndicat lambertiste, est devenu l'interlocuteur privilégié du gouvernement français, voire des autorités européennes, dont il s'estime "entendu" (sic).

Et à l'approche des importantes échéances électorales, les politiciens faisandés du Système cherchent à brasser dans un mouvement qui rencontre une audience croissante : deux Français sur trois (66%) rejettent la mondialisation, contre 61% fin 1999, selon un dernier sondage. Le PS social-démocrate juge impératif de s'emparer d'un débat relayé électoralement avec succès par l'extrême gauche.

ATTAC reprend à son compte la taxe Tobin, proposée en 1972 par le Prix Nobel américain d'Economie James Tobin et visant à frapper les mouvements de capitaux pour éviter la spéculation. Cette taxe n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois, une sucrerie sociale-démocrate pour dame patronnesse du capitalisme pseudo "social". Contre le Système ce n'est pas de taxes et autres projets réformistes que nous avons besoin mais de la Révolution !

La collusion d'ATTAC avec le système et ses représentants est directe. Le mouvement a ainsi constitué en France une coordination à l'Assemblée nationale avec près de 130 députés, dont plus d'un tiers de membres du PS.

Et l'histoire d'amour entre ATTAC et le PS va se poursuivre, le chef du PS, François Hollande, a en effet rencontré une délégation de l'organisation, pour donner son accord à la tenue d'un séminaire commun sur la taxe Tobin avant le conseil Ecofin de Liège en Belgique (22 septembre).

Entre le réformisme qui vise à canaliser puis à endiguer le mécontentement et les provocateurs qui travaillent à permettre son étouffement dans le sang et la répression brutale, le chemin de la Révolution est étroit.

La tâche prioritaire des révolutionnaires est aujourd'hui l'éducation, la dénonciation inlassable des provocateurs et des réformistes, afin que les militants courageux et sincères, égarés à gauche comme à droite, parviennent à la conscience politique.

La prochaine révolution impliquera deux conditions incontournables : l'organisation transnationale du combat et la jonction des questions sociale et nationale, aujourd'hui divisées par les deux ailes dites "extrêmes" du Système. Alors viendra une nouvelle vague du mécontentement, celle, révolutionnaire, radicalement anti-Système, qui balayera l'ordre capitaliste ancien.

En ce début du XXIème Siècle, l'Histoire se répète et rappelle étrangement les soubresauts politiques de la Russie des années 1900-1918. Déjà les Bolcheviques, nos précurseurs directs, devaient y lutter sur deux fronts. Contre les réformistes mencheviks et autres "marxistes légaux". Et contre les provocateurs manipulés par la police politique tsariste, l'Okhrana, les "Cents noirs" protonazis et les terroristes SR d'ultra-gauche.

La réponse de Lénine fut le Parti bolchevique. La nôtre suit la voie tracée par Vladimir Illitch : la construction du Parti transnational communautariste.

 

NOTES :

(1) Cfr. André JOUSSAIN, "LA LOI DES REVOLUTIONS",  Flammarion, Paris, 1950.

(2) Earle ELDRIDGE, " Signs of labor unrest at automakers on rise", USA TODAY, quotidien,  21 août 2001.

(3) Luc MICHEL "Hypocrisies et impostures politico-médiatiques : Et si nous parlions des Trotskistes, Sociaux-démocrates et autres Lepénistes...", PCN INFOS, Paris, 11 juin 2001; et Luc MICHEL, "Trotsko-Fascisme" ou manipulations du Système ?,  PCN INFOS, Paris, 18 juin 2001; à lire sur le sujet :

* Christophe BOURSEILLER : "CET ETRANGE MONSIEUR BLONDEL", Bartillat, Paris, 1997 (Le premier livre de fond sur les opérations lambertistes);

* Blandinne HENNION : "LE FN ET L'ARGENT DE L'ESTABLISHMENT", La Découverte, Paris, 1993.

(4) A titre d'exemple : "Joèl Bonnemaison est rédacteur en chef de L'Ouest syndicaliste, organe de l'union départementale Force ouvrière de la Loire-Atlantique. Militant anarcho-syndicaliste, c'est un proche d'Alexandre Hébert (leader local de FO et n° 2 présumé du Parti des Travailleurs de Pierre Boussel-Lambert), à qui il a consacré une biographie, Alexandre Hébert, cinquante ans de luttes syndicales (éd. du Rocher, 1996). Lors de son premier mariage, Joèl Bonnemaison choisit comme témoins Alexandre Hébert et Jean-Marie Le Pen. Dans les années 70, il devient élu local du Front national et entre au Comité central du FN, en 1976. Dans les années 90, il est signalé dans l'entourage de Philippe de Villiers. Joèl Bonnemaison est un des responsables nationaux du Syndicat général des journalistes Force ouvrière (SGJ-FO) dont François Boussel, fils de Pierre Boussel-Lambert, fut le secrétaire général jusqu'à son décès l'an dernier." (Source : "RESEAU VOLTAIRE" - note référence : RV 98/0425)

(5) "Le président du " Manifeste contre le FN " était salarié par un ex-dirigeant du FN" titre le RESEAU VOLTAIRE, qui précise ce qui suit : "La procédure ouverte par le juge Patrick Fievet sur la gestion de l'AGOS, un organisme de gestion de foyers de travailleurs immigrés, confirme que Jean-Christophe Cambadélis était salarié de cette agence d'avril 93 à la fin 95. Il vient d'être mis en examen par le magistrat qui soupçonne un salaire fictif, ce que l'intéressé dément depuis un an. Cette affaire relance par ailleurs une polémique politique révélée par Libération en novembre 95. En effet, le président de l'AGOS n'était autre que Yves Laisné, ancien membre du Comité central du Front National, alors même que Jean-Christophe Cambadélis préside depuis 1991 l'association " Manifeste contre le FN ". Dès lors on comprend mal le lien de subordination qui pouvait exister entre les deux hommes. Jean-Christophe Cambadélis pouvait difficilement ignorer le passé et l'engagement d'Yves Laisné auquel par exemple la revue Article 31 a consacré un numéro spécial en 1989, et Blandine Hennion a consacré quelques pages en 1993 dans Le FN et l'argent de l'establishment". (Source : "RESEAU VOLTAIRE"  - note référence : RV 96/0868).

Cambadélis a depuis été condamné pour ces faits.

(6) SECOLO XXI, Rome, 26 juillet 2001.

(7) "Ultraderechistas participaron en actos violentos en Genova, estima la policía", LA JORDANA, Mexico, 27 juillet 2001.

Voici le texte de l'article original : " Roma, 26 de julio. "Militantes radicales de derecha" habrían participado en los actos violentos durante la reciente cumbre del Gru-po de los Ocho, celebrada en Génova el pasado fin de semana, según un documento secreto de la policía de Italia, informó hoy el periódico Secolo XXI. El gobierno del primer ministro italiano, Silvio Berlusconi, no hizo comentarios sobre la versión, y apoyándose en su fuerte mayoría se negó a la creación de una comisión investigadora sobre los violentos hechos de la semana pasada en Génova. La Comisión de Asuntos Constitucionales justificó su negativa porque no "tiene sentido", mientras analistas señalaron que la moción no tiene alguna posibilidad de pasar y no preocupa al ministro del Interior Claudio Scajola, ni al gobierno, que goza de su legitimidad recientemente adquirida tras las elecciones del 13 de mayo. Pero la oposición de izquierda criticó de nuevo a Scajola, y el jefe de los demócratas de la izquierda en el Senado, Gavino An-gious, volvió a pedir su dimisión y la formación de una comisión investigadora. El documento citado por Secolo XXI proviene de la sede de la policía italiana en Génova y contiene información clara acerca de la participación de extremistas de derecha armados en las protestas. El objetivo de éstos, muchos neonazis, fue atacar a las fuerzas de seguridad y con ello poner a la izquierda en una posición hostil ante la policía y la opinión pública. Entre los extremistas había 25 o 30 del grupo radical italiano Forza Nuova, pero también extranjeros, según el documento."

(8) IL MESSAGGERO, 26 juillet 2001.

(9) "Il Fronte Nazionale Era a Genova? Tilgher, Falso", Dépêche de l'agence AdnKronos, Rome, 27 juillet 2001: ""Trecento militanti del Fronte Nazionale erano a Genova". Biagio Cacciola, vicepresidente del consiglio comunale di Frosinone, rivela al 'Messaggero' di aver partecipato ai cortei e agli scontri nel capoluogo ligure."

(10) cfr. Luc MICHEL, "Contre la cause des peuples du monde, les flics des maîtres du monde tuent !", PCN INFOS, Paris, 22 juillet 2001.

(11) Michel LAJOYE, MEMOIRE EN DEFENSE, sans date.

(12) AFP, "Les antimondialistes peinent à garder les distances avec le pouvoir", Paris, 24 août 2001.

 

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