PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 23 juillet 2001

Contre la cause des peuples du monde, 

les flics des maîtres du monde tuent !

Face à la colère des peuples du monde, les maîtres du monde capitaliste et du Nouvel Ordre Mondial répondent par la répression, la violence et le meurtre. Après les flics de Göteborg, ce sont les carabiniers de Berlusconi qui ont tué.

Que reste-t-il de leur soi-disant "démocratie" autoproclamée ?
Göteborg n'a malheureusement pas été une exception, mais un précédent : pour la deuxième fois en moins de deux mois, ce vendredi 20 juillet, la police d'un Etat membre de cette pseudo Union européenne, qui donne des leçons de démocratie au Monde, a tiré à balles réelles sur un manifestant. Et elle l'a tué. Les forces de répression déchaînées ont sauvagement matraqué des centaines de manifestants pacifiques. Et la police de Berlusconi a ensuite envahi et saccagé le centre génois de coordination des manifestants anti-mondialisation, frappant à nouveau des centaines de militants désarmés. Ce raid sanglant, mené contre les locaux du Genova Social Forum et de l'agence de presse alternative Indy Media, et en dépit de toutes les libertés constitutionnelles garanties sur papier, visait à faire disparaître les preuves des provocations et des violences policières. L'Italie de Berlusconi n'est plus un état de droit !

Cette explosion de violence policière est la conséquence directe de plusieurs facteurs se renforçant mutuellement, et dont les autres membres du G8 partagent largement la responsabilité avec le gouvernement italien.

Tout d'abord, l'autisme de ces gouvernements libéral-capitalistes face au rejet - largement majoritaire au sein de chacun de leur pays - des politiques néo-libérales élaborées et mises en oeuvre par les organisations internationales multilatérales contrôlées par Washington et Wall-Street (FMI, Banque mondiale, OMC, OCDE), en Europe par la Commission européenne et le Conseil européen, et par le cartel mafieux capitaliste qu'est le G 8 lui-même. Sans avoir jamais sollicité ou reçu de mandat des électeurs sur l'application de ces politiques, ces gouvernements continuent à vouloir privatiser, flexibiliser et "libéraliser" à outrance, dans le seul intérêt des multinationales et des marchés financiers. Ils créent, de ce fait, une souffrance et une violence intolérables pour tous les peuples du Monde, tant au Nord qu'au Sud. Dans ce contexte, la réunion des membres du G 8 à Gênes dans un bateau ancré dans la baie d'une ville désertée par ses habitants et  mise en état de siège, constituait de toute manière un véritable défi symbolique et politique aux peuples et aux opinions publiques.

Ensuite, le comportement, que l'on ne peut même plus qualifier d'équivoque,  de la police italienne qui a délibérément  fermé les yeux sur la préparation et l'armement de quelques centaines d'éléments provocateurs, dits du "Black Block",  un groupuscule anarchisant infiltré par les polices politiques européennes et sur leur passage à l'acte. Ces éléments, dont personne n'imagine qu'ils seraient inconnus des services de police en Europe, qui fichent à tour de bras depuis 2 ans, ont  pu en toute impunité multiplier les agressions et les déprédations. Suivant un scénario trop bien connu, la police a laissé pendant 3 heures le champ libre aux membres des "Blacks Blocks". Puis les forces de l'ordre se sont attaquées à ceux qui n'en faisaient pas partie. Les observateurs et la presse ont tous dénoncé la stratégie de la terreur qui a inspiré la conduite des forces de police, dont l'objectif est de faire retomber la responsabilité des violences et destructions matérielles sur les manifestants anti-mondialistes.

Dès le début du XXIème siècle, la police politique tsariste, la terrible OKHRANA, utilisait infiltrations et provocations pour discréditer et démanteler les organisations révolutionnaires. A sa suite, toutes les polices politiques utilisent ces méthodes illégales pour abattre les adversaires du Système. Depuis les "Années de plomb"  et la "stratégie de la tension", l'OTAN et particulièrement l'Italie ont une tragique expérience en ce domaine.

Aujourd'hui, il existe dans chaque pays européen des groupuscules infiltrés et contrôlés par les polices politiques, quant ils ne sont pas tout simplement créés de toutes pièces par celles-ci. Ces groupuscules provocateurs agissent en toute impunité et sont protégés par les polices politiques ou directement par les services spéciaux de l'OTAN et parfois le MOSSAD israélien. Parés artificiellement des couleurs de l'extrême-droite néo-nazie, de l'extrême-gauche ou encore agissant sous les drapeaux "rouge-bruns", ces groupuscules et leurs meneurs barbouzards préparent l'Europe de la répression.

Le PCN, qui combat implacablement les groupuscules barbouzards depuis les Années 80, s'associe à la condamnation unanime de ces éléments provocateurs et de la complaisance de la police à leur égard. Le PCN dénonce la tentative de criminalisation des opposants à la mondialisation libérale que traduit cette attitude et les actions de  harcèlement systématique, les multiples tracasseries et surtout les violences policières à l'encontre de manifestants parfaitement pacifiques, eux.

Les autorités italiennes s'étaient engagées à ne pas utiliser d'armes à feu. Elles ont délibérément violé cet engagement. D'une manière générale, elles ont eu recours à des moyens disproportionnés par rapport aux actions dont elles ont été l'objet.

Les événements tragiques auxquels la réunion du G 8 a donné lieu, ainsi que la responsabilité morale à laquelle ne peuvent échapper aucun des gouvernements qui ont cru bon d'y participer, disqualifient cette institution qui se veut le directoire capitaliste de la planète.

La prochaine étape sera à Bruxelles, à l'occasion des réunions organisées par la présidence belge de l'Union européenne. C'est l'occasion choisie pour tenter de limiter les libertés politiques et renforcer l'Europe de la répression et des polices, qui se construit autour d'INFOPOL. La Belgique se distingue particulièrement par une série de projets de lois visant à criminaliser l'opposition politique et à limiter les libertés publiques. A titre d'exemple, le délit de "bris de clôture" deviendrait passible d'un an de prison ferme. Et des juridictions d'exception, le "snelrecht", où l'on juge en quelques heures, au mépris le plus absolu des droits de la défense, sont déjà en place.

Ici aussi les groupuscules provocateurs contrôlés par les polices politiques sont déjà à l’œuvre. Le rôle dévolu en Italie aux pseudo "anarchistes" est ici joué par un groupuscule soi-disant "rouge-brun" et en réalité authentiquement néonazi, issu de la milice privée nazie L'ASSAUT et lié au réseau barbouzard à direction sectaire de l'UNITE RADICALE française. Dès le 13 juin dernier, et sous-couvert d'un fantomatique  "comité nationaliste contre l'OTAN", les barbouzes néonazis ont pu perturber une manifestation contre la venue de Georges Bush devant le siège e l'OTAN. Directement protégés par les forces de police, les provocateurs para-policiers, dirigés par d'anciens militaires belges, ont pu en toute impunité insulter et attaquer les manifestants pacifistes, la police dispersant après le tout et arrêtant les pacifistes. La police a même facilité la retraite des néonazis, lesquels sont partis sans être inquiétés. Un scénario qui annonçait Gênes !

La répression qui s'annonce partout dans le monde et singulièrement dans l'Europe soi-disant "démocratique" est révélatrice de l'inquiétude qui gagne les milieux dirigeants du Nouvel Ordre Mondial face à la montée de la contestation anti-capitaliste. On nous annonçait la "fin de l'histoire" et du militantisme, l'apolitisme égoïste de la jeunesse et la mort du socialisme. Et voilà qu'une nouvelle génération se lève et dit non à l'exploitation et au néocolonialisme.

Mais la sympathie que nous éprouvons pour le courage des militants anti-mondialisation ne doit pas nous cacher les limites de leur action et les réserves que nous inspire leur encadrement par la gauche régimiste et notamment les Trotskistes, tous spécialistes de la récupération du mécontentement au profit du Système et de son aile sociale-démocrate. S'agiter contre l'O.M.C., ce n'est pas combattre le capitalisme, c'est le réformer. Les réformistes veulent un morceau du gâteau, les révolutionnaires, au PCN et ailleurs, veulent la prise de contrôle de la boulangerie.

La révolution, indispensable et impérieuse contre l'horreur libérale, ne viendra pas des protestations pacifistes ou de la mobilisation de la société civile, ce grand mythe incapacitant des réformistes. Elle viendra d'une minorité agissante, consciente et organisée dans un Parti révolutionnaire d'avant-garde, armée d'une idéologie et d'un projet du monde alternatif à la vision du monde libérale-capitaliste. On nous annonçait aussi la mort du Léninisme mais le projet de Lénine exposé dans son "Que faire ?" reste incontournable. Les temps changent, la roue tourne. L'heure des révolutionnaires professionnels, ces soldats politiques, revient  à l'horloge de l'Histoire !

 

Retour à l'accueil