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PCN-Infos du 18 juin 2001

"Trotsko-Fascisme"

ou manipulations du Système ?

Nous devons revenir à notre sujet de la semaine précédente qui évoquait les relations troubles entre Trotskistes, Sociaux-démocrates et Lepénistes, avec en toile de fond et en point de rencontre les manipulations florentines de Mitterrand. Nous avons en effet reçu de nombreux messages de sympathisants des deux bords indignés. Comment est-ce possible, vous mentez nous dit-on des deux côtés. Et non camarades, l'affliction dépasse hélas la réalité !

Les années Mitterrand auront laissé dans l’histoire, un parfum de scandale. Doux euphémisme en réalité, quand on sent la puanteur de cette génération Mitterrand toujours au pouvoir, souillée à tout jamais par le pétrole pour lequel ils ont affamé l’Irak. Sans parler du génocide au Rwanda.

Mais cette semaine, des années Mitterrand, nous n’évoquerons que les scandales, non les crimes. Encore les écoutes de l’Elysée ? Encore Mazarine ? Et oui ! Quoique entre nous, le scandale serait plutôt le « premier roman » que la glorieuse héritière a eu la mauvaise idée d’écrire elle-même.

En vérité, il se cache derrière ces caquets mondains, un dossier beaucoup plus crapuleux. Peu importe en effet la fille illégitime, peu importe le snobisme des lettres. Peu importe même les écoutes des « personnalités » (comme si nous au PCN n’étions pas écoutés tous les jours de Paris à Bruxelles ?). Ce qui nous choque, c’est que pour assurer la protection de sa fille, Mitterrand ait fait appel à un serviteur aussi zélé qu’interlope, Bernard Courcelle.

Qui est Bernard Courcelle ? Au départ il était "correspondant" de la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD). Il y était chargé de la surveillance des trafics d’armes et des mercenaires et a livré des armes en Tchétchénie, Croatie et Iran.

Jusqu’ici, confier sa famille à un marchand d’armes, vu les spadassins dont aimait s’entourer Mitterrand (et dont il aimait entourer Bérégovoy d’ailleurs), c’est encore concevable.

Ce qui l’est moins c’est que le même Bernard Courcelle, de mai 1994 jusqu’au début 1999, était le patron du service d’ordre du Front National. Sous sa direction, le Département Protection Sécurité du FN s’est professionnalisé en un service spécial de trois mille hommes, organisé à la fois comme une petite armée et comme un service de renseignement moderne.

Bernard Courcelle raconte lui-même que c’est le commissaire Charles Pellegrini, un ancien de la cellule élyséenne comme Paul Barril, qui, en 1994, l’a présenté à Jean-Marie Le Pen, qui d’ailleurs a fait aussitôt confiance au garde du corps du Président pour lui confier non seulement sa propre sécurité mais celle de son organisation. Et comme par hasard, on apprend à l’occasion que Bruno Gollnisch, le Secrétaire général du Front National, est aussi un correspondant de la DPSD.

Il faut croire que Le Pen avait de bonnes raisons pour accepter d’embaucher Bernard Courcelle, cet employé direct de François Mitterrand.

Et il fallait rien moins que la légendaire « force tranquille » de Mitterrand pour confier sa propre sécurité, celle de sa femme, celle de sa fille, entre les mains du Front National.

A moins que… A moins qu’en 82, Mitterrand, deus ex machina, "dieu" comme on le surnommait, n’ait tout simplement « pondu » Le Pen, pour faire barrage à la droite. Peut-être qu’entre l’ex-président ex-vichyste, ex-cagoulard, et les néo-fascistes de Le Pen, il y avait plus que de simples affinités. Peut-être aussi qu’en tolérant une organisation armée non-étatique, Mitterrand pouvait compter sur une garde prétorienne au cas où le scandale du Rwanda aurait éclaté. Des journalistes bien inspirés ont résumé le tout sous une formule choc : "La main droite de dieu" !

Mais quels rapports avec les trotskistes lambertistes si chers à Jospin ? Nous y venons. Après toutes ces révélations, vous comprendrez que nous sommes presque blasés devant l’interview d’Alexandre Hébert dans « Français d’abord » le journal du FN. Et pourtant il y a de quoi dessiller les yeux des plus chassieux.

Alexandre Hébert, le leader anarcho-syndicaliste de Force Ouvrière, que l’on savait de longue date militant trotskiste lambertiste et ami de Boussel-Lambert lui-même, fait en répondant avec aménité aux questions du journal du FN, la preuve par quatre, des liaisons plus que dangereuses au sein de FO entre trotskistes et lepénistes. "Trotsko-fascisme" écrira "Libération" a ce propos ! 

On savait déjà comment Jean-Christophe Cambadélis, ex-numéro 2 du PS, président du "Manifeste contre le FN", et ancien trotskiste lambertiste avait accepté un emploi fictif ... d’un ancien dirigeant du FN, Yves Laisné.

En fait, trotskistes et lepénistes ont beaucoup en commun. Même arrivisme, même appât du gain, même phraséologie passéiste, même alibi extrémiste dont ils font leur fond de commerce et finalement, même complaisance envers le Système. Ça devient même pitoyable de voir comment ce rendez-vous de tous les pseudo-radicalismes, comment cette « montée aux extrêmes » n’est qu’une chute dans la plus abjecte banalité sociale-démocrate.

Voilà ce que dit Alexandre Hébert dans « Français d’abord »:

 « (...) je ne connais pas d'employeurs qui licencient par plaisir. Les entreprises, compte tenu du contexte international qu'on leur impose, la mondialisation, la destruction des garanties nationales, sont placées presque toujours devant l'alternative suivante : ou licencier ou délocaliser et j'estime scandaleux que les gouvernants qui sont à l'origine des nouvelles institutions européennes et mondialistes, cherchent des boucs émissaires en la personne des chefs d'entreprise qui ne font que s'adapter à la loi de la jungle qui est la règle dans les rapports économiques.»

Voilà les mots de notre anarcho-trotsko-fasciste. La belle panoplie !

Et Le Pen qui a le culot de dénoncer à propos du passé lambertiste à l'OCI de Jospin "l'imprégnation marxiste-léniniste de la classe dirigeante". Alors qu'il entretient des rapports intimes avec un Hébert, dirigeant lambertiste de la dite OCI. Nos deux compères étaient par exemple les deux témoins du mariage du journaliste Joël Bonnemaison, syndicaliste à FO (proche des lambertistes) et néanmoins cadre du FN. Qu'en pensent les militants trotskistes et anti-fascistes du Parti des Travailleurs ou anti-communistes du Front national ?

Et pendant que toute cette classe politique, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, ment, triche, vole, se coopte, se protège, oui pendant ce temps la terre étouffe, l’Irak crie famine, la Palestine agonise, l’Europe se meurt…

Plus que jamais, finissons-en avec le Système !

 

A lire sur le sujet :

-  "La main droite de Dieu : enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite", Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Pérez, Seuil, 1994.

- Christophe BOURSEILLER : "Cet étrange Monsieur Blondel" (Bartillat, 1997 - Le premier livre de fond sur les opérations lambertistes)

 

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