INVENTAIRE

DE L'ANTI-AMERICANISME

 

Il y a tout juste trente ans, notre ami Jean THIRIART dressait dans "la NATION EUROPEENNE" un premier "inventaire de l'anti-américanisme". A l'époque, Washington était contestée partout dans le monde : au Vietnam, en Palestine, dans toute l'Amérique latine, en Afrique. PERON était encore vivant et s'exprimait dans les colonnes de la même "NATION EUROPEENNE". CHE GUEVARA vivait en Bolivie les derniers mois de son existence terrestre et forgeait déjà le mythe qui n'a point cessé d’interpeller les révolutionnaires depuis trois décennies.

A l'époque, la puissance américaine était partout attaquée et THIRIART proposait aux révolutionnaires des autres continents l'organisation, non pas d'un "front tricontinental", comme le proposait Hanoi ou Cuba, contre l'impérialisme, mais bien d’une "quadricontinentale" destinée à abattre également la puissance américaine au cœur même de sa plus riche colonie, l'Europe.

Cette Europe où les premiers combats de la "JEUNE-EUROPE" et du PCE illustraient la naissance du sentiment communautaire national-européen.

Les années qui allaient suivre allaient offrir à l'impérialisme américain ses plus cruelles défaites. Au Vietnam notamment où, au terme de quatre décennies de combat, le peuple vietnamien, sous la conduite du Parti communiste, achevait la libération et l'unification de la Nation vietnamienne, prouvant qu'un peuple de paysan et de soldats, guidé par une idéologie libératrice et conquérante, pouvait vaincre celle qui était alors la première puissance industrielle et militaire du monde. Le départ de l'ambassadeur américain, dans la honte, avec la bannière étoilée roulée sous son bras comme une serpillière souillée, quittant lâchement Saigon en abandonnant les collaborateurs de l'US Army, est un symbole puissant que n'ont pas oublié ceux qui, de par le monde, combattent la nouvelle Carthage américaine.

Trois décennies après 1967, quel bilan pouvons-nous dresser de l'anti-américanisme dans le monde ?

La situation mondiale est en effet totalement changée. L'URSS, le principal challenger de Washington, qui fut aussi, il faut le dire, longtemps son meilleur complice, a disparu, vaincue par la compétition économique et la course aux armements qu'elle s'était laissée imposées par Washington.

Les grands ennemis de la puissance américaine en Asie dans les Années 60-70 ont aussi bien changé. La Chine révolutionnaire de 1967 est ainsi devenue dès le milieu des Années 70 le meilleur allié de Washington dans la région.

Et après la mort de MAO, la trahison de DENG ZIAOPING conduit la Chine vers la construction d'un ordre néo-capitaliste. Ailleurs dans le monde, les ennemis de Washington sont affaiblis. Cuba est sur la défensive, NASSER est mort, la résistance palestinienne, dont THIRIART attendait tant, a fini par se mettre à la même table de négociations que l'Etat d'Israël et s'est laissée circonvenir pour la constitution de ce qui n'est pas un Etat palestinien, mais moins qu'un "bantoustan" sud-africain de l'époque de l'"Apartheid".

Aujourd'hui, la puissance américaine est devenue l’unique superpuissance mondiale et tente partout d'imposer son "Nouvel Ordre Mondial" (NOM) avec son cortège de guerres et d'inégalités.

 

PARTOUT DANS LE MONDE,

LES REBELLES AU NOUVEL ORDRE MONDIAL REDRESSENT LA TETE

Pourtant, partout dans le monde, les rebelles au Nouvel Ordre Mondial redressent la tête. Partout dans le monde des hommes veulent vivre libres, veulent que l'on respecte leur culture, leur identité, leur indépendance politique. En Irak, en Libye, en Russie, en Corée du Nord dans des dizaines de maquis et de guérillas, au sein de nombreux mouvements de lutte armée et d'action directe, partout, les rebelles contre le Nouvel Ordre Mondial se dressent pour un monde plus juste, pour un monde qui ne soit pas celui du cauchemar orwellien de la nouvelle Carthage américaine.

Et surtout, en Europe même, la plus riche et la plus puissante des colonies américaines, la situation a bien changé. Certes, Washington s'est emparé de l'ensemble de l'Europe, et est en train d'étendre la domination politique de son instrument de vassalisation, politico-militaire, l'OTAN, à l'Europe orientale et à d'autres pays de l'Europe de l'Est. Mais aussi, Washington, par son insolence, par le traitement néo-colonial qu'elle nous réserve, est en train de susciter elle-même les ferments de la révolte en Europe. Parmi les hauts fonctionnaires européens, parmi les officiers européens, parmi les diplomates européens, une génération se lève qui n'a aucune indulgence pour Washington, qui est humiliée de la sujétion de notre continent et surtout qui prépare la naissance d'un sentiment nationaliste européen hostile à Washington.

 

LA CONSCIENCE ANTI-AMERICAINE 

DEVIENT UNE REALITE EN EUROPE

La Puissance économique de l'Union européenne conduit celle-ci à rechercher les instruments indispensables de la puissance politique : la monnaie unique, la défense nationale. Ce sentiment encore diffus, encore inconscient, est pourtant, aujourd'hui comme hier, porté par les militants communautaristes qui, au poids de la destinée, de l'histoire et de la géopolitique, ajoutent la conscience du sens de l'histoire.

La politique est essentiellement l'art du possible. Autrement dit, faire avec ce que l'on a sous la main. Il faut avoir du but qu'on se propose une conception stratégique et une vision tactique. Il faut avoir des moyens qu'on se cherche un souci tactique.

Les hommes d'Etat, les hommes politiques véritables, sont confrontés chaque jour à des problèmes où il faut laisser de côté la morale de conviction pour agir en fonction de la morale de responsabilité. Non seulement, les hommes d'Etat se trouvent chaque jour confronté à cette morale de responsabilité - Qu'il est parfois vertigineux de manier mais également les chefs et meneurs révolutionnaires. Nous, Communautaristes européens, nous nous sommes assignés comme but à notre existence l'unification de 'Europe et sa libération. Pour réaliser cet objectif grandiose, nous ne nous refusons aucun moyen et sommes décidés à faire flèche de tous bois.

Tant à l'extrême-gauche qu'à l'extrême-droite, les jeunes militants qui communient dans l'anti-américanisme croient avoir détruit la puissance yankee après quelques bombages, après la distribution de quelques tracts, ou après quelques vitres cassées dans l'un ou l'autre "Mac Donald".

Pour l'extrême-gauche, c'est la "vertu prolétarienne" qui doit triompher du vice capitaliste, c'est le credo néo-marxiste. Pour les autres, quelques déclamations sur "la supériorité de notre culture" fournissent l'autosatisfaction puis la quiétude.

Certes, la supériorité intellectuelle de l'Europe est indiscutable, mais de là à en tirer des conclusions politiques, il y a un océan à ne pas franchir.

Une culture qui ne s'appuie pas sur des lances ou des fusils disparaît, une culture qui ne s'appuie pas sur la force se fait phagocyter. C'est l'industrie lourde, les aciéries, les complexes militaro-industriels qui joueront le rôle déterminant dans l'histoire de notre culture. L'acier européen sera inséparable de l'histoire de la Nation européenne et de sa culture. Les Grecs de l'Antiquité, pour n'avoir pas réussis à passer de la Cité à la Nation et pour avoir refusé les enseignements unitaires de Philippe de Macédoine et du génial Isocrate ont disparu de l'histoire. La culture ne s’épanouit qu'à l'abri de la puissance.

 

SE GROUPER POUR ABATTRE L’IMPERIALISME AMERICAIN

La puissance des Etats-Unis est telle qu'on ne pourra la détruire qu'en s'y mettant tous ensemble. Partout dans le monde, main dans la main, de Piong Yong à Bruxelles et de Tripoli à la Havane.

Hier, la seule URSS n'a pas été capable de contenir les USA, où que ce soit dans le monde. Moscou a disparu devant Washington, laissant une Russie simple puissance régionale, malgré les rêves de grandeurs qu'elle caresse encore.

La naissance de l'Europe impériale (à "impérial" nous donnons le sens romain antique : "l'Empire, c'est la paix"), ne pourra se faire que sur le cadavre politique des Etats-Unis. C'est la Quatrième guerre punique que nous devons provoquer, préparer et gagner. La nouvelle Carthage est puissante, mais elle est déjà attirée dans de nombreux guêpiers. Devenue la seule superpuissance mondiale, Washington a dû dilater son empire à la taille du monde. Son économie qui se porte mal, comme toute l'économie capitaliste mondiale, a bien du mal, comme l'a prouvé hier la Guerre du Golfe, à faire face à l'entretien des armées que les Etats-Unis doivent déployer pour assurer leur hégémonie mondiale.

Par ailleurs, en voulant assurer ce rôle de gendarme du monde, les Etats-Unis, partout, suscitent leurs ennemis, des ennemis déterminés, des ennemis implacables en Asie, en Afrique, au Moyen Orient, en Amérique latine et en Europe même.

 

LE POIDS DES CRIMES DE GUERRE AMERICAIN

Partout dans le monde, une rancune tenace fermente contre les Américains. Les crimes de guerre américains pèsent aussi lourd dans la balance, même s'ils sont occultés par les media de l'Occident américanisé. Au napalm, aux défoliants, aux armes chimiques employées hier au Vietnam, répondent aujourd'hui les missiles de croisière et les armements sophistiqués qui ont frappé Tripoli ou Bagdad. Les dizaine de milliers de civils tués pendant la guerre du Golfe ou les raids contre la Libye font échos aux crimes d'hier au Vietnam, aux dizaines de milliers de civils massacrés au napalm et aux bombes à billes. Tous ces morts vont demain peser lourd dans la détermination des peuples à venger le meurtre de leurs enfants. Et nous y ajouterons les dizaines de milliers de morts, de femmes, d'enfants que suscitent les nombreux embargos imposés par Washington pour détruire commercialement et biologiquement ses adversaires. Ainsi, les Etats-Unis, dont la puissance industrielle est colossale mais cependant insuffisante, se sont fourvoyés dans une aventure mondiale disproportionnée. "Les dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre", affirmaient nos ancêtres grecs.

 

L’EUROPE NE POURRA SE FAIRE QUE CONTRE LES ETATS-UNIS

Au sein même de l'Occident américanisé, sur notre continent, une conscience se dessine en Europe contre l'hégémonie du capitalisme américain. Il faut accélérer cette contradiction, mettre du sel sur la plaie, opposer au capital yankee un capitalisme national grand-européen, où parmi les têtes les plus avancées de l'industrie européenne existent déjà un fort sentiment anti-américain, et mettre celui-ci au service l'unification européenne.

Il existe une large école ploutocratique pour qui l'Europe doit être un des moyens du renforcement du capitalisme et de la Mecque de celui-ci qui se situe aux Etats-Unis. Ce sont les fameuses théories du « second pilier », qui voient notamment dans une organisation européenne de défense un pilier européen rénové de l’OTAN.

Il existe une autre école, la nôtre, pour laquelle l'Europe se fera inexorablement contre les Etats-Unis, pour qui il est impératif qu'elle se fasse contre Washington.

Le calcul des Américains et de leurs collaborateurs européens est en effet évident, seul l'URSS hier ne l'a pas vu et elle en est disparue.

La puissance industrielle américaine, renforcée de la puissance industrielle européenne, fait de celle-ci une super-puissance mondiale. C'est cette alliance des deux industries mondiales les plus avancées qui a contraint à la capitulation complète, économique et militaire, une URSS débile et asphyxiée.

L'URSS est aujourd'hui disparue, le mythe communiste est usé, l'URSS a été battue à plat de couture sur le terrain de l'économie pure par le néo-capitalisme américain renforcé de sa colonie européenne.

 

LE MYTHE EUROPEEN 

CONTRE LA SUPERPUISSANCE AMERICAINE

Il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul mythe nationaliste capable de s'opposer à l'hégémonie planétaire de Washington : c'est le mythe européen, qui seul sera capable de susciter un courant continental qui conduira à chasser politiquement et économiquement les Américains d’Europe.

Paradoxalement, c'est la disparition de l'URSS qui donne toute sa force à ce mythe, puisque aujourd'hui l'Europe, de Reykjavik à Vladivostok, est une même réalité, une même aire de domination impérialiste, une arène où Washington joue les uns contre les autres.

Aujourd'hui, plus que jamais, l'Unité de Destin de toutes les composantes de l'Europe est évidente. Aujourd'hui aussi, la disparition du mythe du "danger communiste" et de l'impérialisme soviétique laisse la place libre à un processus d'unification pan-européen de l'Atlantique au Pacifique. Moscou ne pouvant plus jouer le rôle de répulsif dans la propagande américaine, d'où d'ailleurs la volonté de Washington d'étendre l'OTAN à l'Europe orientale.

 

LA VICTOIRE FINALE CONTRE LES USA

NE POURRA ETRE REMPORTEE QU’EN EUROPE

Le rôle de l'Europe dans la lutte contre les Etats-Unis est le rôle primordial, le rôle capital. Pour déséquilibrer le colosse américain, il faut lui faire perdre son terrain d'action européen. Pour vaincre les Etats-Unis, il faut leur opposer une super-puissance économique, militaire et politique qui soit de nature à leur contester le leadership mondial. Seule l'Europe, déjà de facto première puissance économique mondiale, peut prétendre à ce rôle, à ce "challenge".

La lutte anti-américaine dans le reste du monde, quel que soit le courage de ceux qui l'animent, ne fait pas le poids, comme l'a prouvé la Guerre du Golfe. Sans l'industrie lourde du quadrilatère Birmingham-Essen-Turin-Bilbao, il n'y aura pas de lutte sérieuse contre Washington.

Il faut que toutes les capitales où l'on ose encore s'opposer à Washington, à Tripoli, à Bagdad, à Piong Yang, dans certains cercles russes, l'on discerne l'énorme enjeu de la carte du Nationalisme européen. Une Europe contre les Etats-Unis, c'est la seule carte qui permette de renverser l'hégémonie yankee.

L'Europe actuellement inconsistante sur le plan politique est par contre déjà une réalité concrète sur le plan industriel. Ce qui l'empêche de devenir une réalité politique, c'est la clique politique actuelle, la particratie américanisée, les collabos de Washington qu'il faudra un jour réduire à l'impuissance.

 

LA COMPLEMENTARITE DES FORCES

ANTI-AMERICAINES DANS LE MONDE

L'inventaire des forces anti-américaines dans le monde révèle leur complémentarité.

Pour l'Europe sa puissance économique disponible à condition de la réorienter, en défaveur par contre de celle-ci la lâcheté des classes politiques possédantes qui collaborent depuis cinq décennies avec l’occupant américain. En faveur de l'Europe le fermant du nationalisme pan-européen, la prise de conscience de plus en plus ferme au sein des élites européennes politiques, diplomatiques, industrielles et militaires de la nécessité d'opposer l'Europe à Washington.

Pour la Russie, les restes de sa puissance militaire, l'étendue de la surface que contrôle encore Moscou, la rancœur de sa classe politique et militaire humiliée. En sa défaveur la débilité économique de la Russie et l'effondrement diplomatique et militaire de sa présence en Europe orientale.

Pour le monde arabe, ses chefs durs, en Libye ou en Irak, et sa puissance pétrolière qui reste considérable.

Pour l'Amérique latine, la volonté de résistance de CASTRO et la valeur psychologique exemplative du défi lancé il y a trois décennies par le CHE GUEVARA. Un défi qui n'a pas perdu son actualité comme exemplairement le montre le sacrifice de nos courageux camarades péruviens.

En Asie, la valeur psychologique également exemplative du défi nord-coréen, qui malgré les coups du sort assénés par les désastres climatiques, n'en pas moins construit un outil militaire puissant qui s'oriente chaque jour davantage vers l'indépendance nucléaire.

Dans le reste du monde, le sacrifice le courage et la détermination de centaines de mouvements politiques, de guérillas, de groupes d’action directe ou de maquis qui, partout, s'opposent au Nouvel Ordre Mondial.

 

NECESSITE D’UNE COALITION 

ANTI-IMPERIALISTE QUADRICONTINENTALE

Cet inventaire des forces anti-américaines dans le monde nous conduit aux mêmes conclusions que Jean THIRIART il y a trois décennies. Le Tiers-Monde, cette fameuse "Tricontinentale" dont on rêvait à Hanoi où à la Havane vers 1967, a échoué. Elle n'a pas eu et n'aura jamais la force de venir à bout de la puissance américaine, même si hier la victoire du peuple vietnamien a permis de contester celle-ci. Aujourd'hui plus que jamais, il faut une alliance quadricontinentale contre l'impérialisme. La seule Europe occidentale détient aujourd'hui, comme il y trois décennies, des moyens de puissances cinquante fois supérieurs à la "tricontinentale" (Asie/Afrique/Amérique latine).

L'erreur commise hier à Cuba, à Alger, ou à Hanoi, a été de n'avoir voulu introduire la révolution que dans le pays pauvres, de ne pas avoir vu qu'il fallait introduire l'action révolutionnaire dans la colonie la plus riche des Etats-Unis, l'Europe. Le dogmatisme qui inspirait hier les capitales anti-américaines au nom d'une solution idéale les a conduit à l'immobilisme.

Pourtant, dès la fin de la seconde guerre mondiale, le néo-machiavélien James BURNHAM avait bien perçu les impératifs de la tactique : BURNHAM mettait en valeur les alternatives des "fronts populaires" (c'est-à-dire les tentatives de mobilisation ou de regroupement des gauches) et celles des fronts patriotiques.

Il y a trois décennies, Jean THIRIART mettait en valeur la nécessité d'opérer la lutte anti-américaine dans le monde dans une coalition mondiale de style des "fronts patriotiques", d’un front des nationalismes, arabes, cubains, asiatiques, européens.

 

LA LUTTE ANTIAMERICAINE DOIT

PRENDRE UN CARACTERE OFFENSIF

Trois décennies plus tard, ses conclusions n'ont rien perdu de leur actualité. Aujourd'hui, la lutte anti-américaine dans le monde est une lutte statique, une lutte défensive, une lutte éclatée ou localisée, où chacun tente de préserver un peu d'indépendance face au gendarme planétaire qu’incarne au sein de leur Nouvel Ordre Mondial les Etats-Unis. Il faut réorienter le style de la lutte anti-américaine. Celui-ci doit être essentiellement offensif ! La paix, la paix mondiale, la paix relative même perturbée par des dizaines ou des centaines de conflits locaux profite à Washington du fait de l'efficacité de son système économique, du fait de sa puissance militaire et de l'unicité de celles-ci face à la multiplicité de leurs adversaires. Les Etats-Unis liquideront ceux-ci un par un si on se maintient dans le cadre d'une confrontation pacifique. La paix mondiale travaille pour les Etats-Unis, on ne pourra abattre ceux-ci que par une collection de guerres, d'insurrection. Contre les Etats-Unis, il faut appliquer le principe de la meute, comme les loups savent le faire pour terrasser un fauve, un fauve plus fort que chacun d'eux.

Il ne faut pas laisser de répit aux Etats-Unis, il faut percer sur des théâtres d'opération très éloignés les uns des autres. La lutte anti-américaine doit être portée sur le plan tragique, car sur le plan trivial les Etats-Unis dominent. L'action des guérillas introduit cette notion du tragique, indispensable climat à la préparation du temps révolutionnaire. Le tragique soulève des passions et oblige à prendre des positions. Sur le plan pacifique de la vie quotidienne, sur le plan trivial, les Etats-Unis présentent un économisme qui a réussi tandis que le communisme soviétique a représenté hier un économisme qui a échoué.

 

L’ETHIQUE COMMUNAUTARISTE EUROPEENNE

CONTRE L’IMPASSE CONSUMERISTE AMERICAINE

Si nous, Communautaristes européens, voulons détruire politiquement les Etats-Unis, c'est parce que notre vision du monde se situe aux antipodes de cet économisme, que ce soit celui des riches ou des pauvres. L'Europe est pour nous une esthétique de l'homme, notre Europe est une solution à proposer à toute l'Humanité.

Les Etats-Unis mènent habilement la carotte et le bâton. La carotte se sont les subventions économiques, l'argent qui sert à acheter les élites, les industriels, les politiciens, les militaires. Le bâton c'est pour les autres, pour la Libye, pour l'Irak.

C'est le lent étouffement du blocus économique, suivi d'ailleurs de propositions d'« aides », à condition que la classe politique du pays qu'on a asphyxié hier se couche demain. C'est ce que propose par exemple les Etats-Unis à Cuba. Si l'état de paix mondial, de paix généralisée se prolonge, les Etats-Unis étoufferont économiquement toutes les nations qui leur tiennent tête, une par une. Les blocus sont spectaculaires, ils sont efficaces, ils sont mortels, on le sait aujourd'hui à Tripoli, à Cuba, ou à Bagdad.

Les nations qui sont les victimes de cette guerre économique souterraine qui ne vise ni plus ni moins qu'à l’écroulement de leur régime, doivent réagir par une offensive politique sur d'autres théâtres. Pour desserrer l'étreinte, pour obtenir des répits, ces nations doivent tendre la main à ceux qui, au sein même de l'empire américain, luttent contre Washington. Ils doivent organiser, ce qui est totalement inexistant aujourd'hui, les campagnes politiques qui viseront à ébranler l'opinion mondiale et à assurer leur survie.

 

VAINCRE LES ETATS-UNIS EN EUROPE

Ceci nous conduit à développer notre thèse des "tremplins réciproques". Toute action révolutionnaire a besoin d'un humus local et national, il est rare qu'elle puisse réussir sans un poumon extérieur. C'est au départ des protections marocaine et tunisienne que la révolution algérienne, hier, a pu réussir. Et tous les régimes qui sont arrivés au pouvoir de façon révolutionnaire dans le monde depuis un siècle ont répondu à cette règle générale. Le poumon ou le tremplin extérieur joue un rôle capital dans toute action subversive.

Il faut en toute logique et en toute efficacité, que chaque pays anti-américain puisse être un tremplin à n'importe quel type d'action anti-américaine, en parti-culier la Révolution nationale-européenne ne commencera sur le terrain que quand elle aura trouvé un sanctuaire pour ses bases logistiques, pas avant.

Les Etats-Unis sont un géant, le dernier géant mondial. Pour abattre celui-ci, il faudra se mettre à plusieurs, il faudra coordonner des types de révolutions bien différentes entre-elles.

Nous insistons sur le caractère déterminant de la destruction des Américains en Europe. Le pourrissement anti-américain de l'Europe constituerait pour Washington un coup dix fois plus dur à encaisser que le pourrissement de l'Amérique du Sud. Pour abattre le colosse économique américain, il faut mettre dans son jeu un autre colosse économique. Ce second colosse économique, c'est l'Europe. Laisser l'industrie européenne dans les mains de Washington, c'est se condamner à ne jamais réussir à abattre l'impérialisme américain . L'arme technico-économique, la seule qui puisse abattre la puissance américaine, se trouve dans le quadrilatère industriel Essen-Birmingham-Turin-Bilbao

Que chacun en tire ses conclusions au sein de ceux qui, partout dans le monde, combattent la nouvelle Carthage !

 

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